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Qui vole plus haut ? Entre Senghor et le Maréchal

seydiBlaise Ndala, romancier, canadien d’origine congolaise et auteur du livre répond dans un roman intitulé « J’irai danser sur la tombe de Senghor », paru le 22 octobre dernier, au Canada. Il se trouve est venu au Sénégal pour en parler.

 J’irai danser sur la tombe de Senghor, ça paraît quand même provocateur.

Ça peut l’être mais si l’on s’intéresse au livre lui-même plus qu’au titre, on se rend compte que l’auteur rend hommage à Léopold Sédar Senghor.

Ce roman tourne au tour du combat du siècle aussi appelé combat dans la jungle entre Muhamed Ali et Georges FORMAN. C’est un combat connu. Hollywood en a fait des films.

Le plus récent avec l’acteur Will SMITH et le chanteur Jimmy FOX.

Exactement. J’ai voulu m’écarter du regard occidental. J’ai voulu savoir qu’est ce qu’un congolais, un zaïrois lambda comme on le disait a l’époque, aurait pu dire de ce combat. Une approche qui ne serait comparable à celle de l’homme blanc qui ignore totalement les réalités africaines.

 Nous sommes au Zaïre du maréchal MOBUTU sese Séseko …que raconte votre livre ?

L’histoire est celle d’un jeune qui quitte son village au sud du Congo, avec un rêve fou parce qu’il a du talent. C’est un chanteur et danseur qui veut intégrer le fameux groupe Zaico Langa Langa.

 Zaico Langa Lang ?

Un groupe de musique d’où vient Papa Wemba. Donc, il arrive à Kinshasa, passe son texte à  Zaico,  mais il ne réussira pas. Puis il se retrouve à travailler avec le conseiller spécial de Mobutu, qui a en charge de l’organisation du combat cité plus haut. Lui le naïf nous raconte les véritables raisons du combat. Maintenant, il peut le faire quand on sait qu’il connait les dessous de tables au bureau de l’immortel « sésé séko koku beng du wa basanga ».

 C’est quoi le rapport avec Senghor, promoteur de la langue français ?

J’y viens. Il nous raconte que le despote s’est payé son combat dans la jungle vingt million de dollar. Parce que le bruit courait que l’Académie Nobel s’apprêtait à attribuer le prix à Léopold Sédar SENGHOR. Lui, Mobutu considérait le premier président du Sénégal comme un rival, dans le leadership du mode noir. Il ne pouvait pas supporter que le père de la négritude lui dame le pion. Donc il dit à ses conseillers, ça ne va pas se passer comme ça. Vous devez trouver la réplique. Il va falloir faire taire Senghor.

Le conseiller spécial qui est un amateur de boxe et travaillait aux Etats-Unis, dit à son guide pour faire taire le sénégalais, il n’y a pas trente six solutions. Amène Mohamed Ali pour retour aux sources.

 Intéressant. Mohammed Ali, disciple de Malcolm x. Le boxeur bavard qui surnomme tous ses adversaires. Comment Mobutu va y parvenir ?

Puisque on sait que Senghor est une sorte de marionnette pour les blancs, il y a une meilleure façon de prouver qu’on est plus noir que ce dernier. La réalité est que le grand projet de Lumumba s’est heurté à la folie des grandeurs du guide zaïrois qui avait pris en otage son peuple, se mesurant à des grands comme le président poète.

Danser sur la tombe de Senghor, c’est une métaphore, qui signifie la mort politique de Senghor que Mobutu voulait. C’est là que le lecteur constate qu’il ne s’agit pas de manquer du respect au mentor d’Abdou DIOUF; par contre c’est une façon de le lui rendre un hommage symbolique. Dans ma fable, Senghor est l’aigle et Mobutu, le crapaud.

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