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Editoriaux

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Une autre Francophonie est possible

 Il y a eu des ratés, des improvisations et tous les tâtonnements qui peuvent accompagner les premiers pas d’une nouvelle aventure. La Francophonie en est à 15e sommet, depuis la première édition tenue à Versailles, en 1986, son espace formel de contestation vient de sonner ses premiers cris de ralliement. Non pas que les consciences viennent de se former et les indignés de s’éveiller, mais que l’opportunité est offerte d’un sommet à Dakar, où le mouvement socialo-politique est assez fort pour engager cette dynamique active de contradiction, de dénonciation et de remise en question.

Le mouvement qui commence à prendre forme charrie des positions dont l’affirmation date. Le néologisme de François-Xavier Verschave qui l’exprime depuis 1998, recouvrant tous les péchés de la France en Afrique à travers la «Françafrique», n’arrive pas avant Francophonie uniquement dans le dictionnaire. Sur les moteurs de recherche aussi.

La «Françafrique» est partie de cet ordre d’exploitation, de prédation, de pillage et d’accaparement des richesses d’un continent dont la misère est structurée, régulée, organisée par des formules de mise en ordre du monde que la Francophonie recouvre sans en faire perde le sens des réalités.

 «Un autre monde possible», soutient le crédo altermondialite depuis le début des années 2000. Il s’agit, pour les mouvements sociaux de par le monde, de penser et d’agir dans le ses rapports de solidarité, en rupture avec les logiques d’exploitation qui structurent la mondialisation. Ce vent se lève sur le sommet de Dakar.

Il s’agit encore d’un alizé qui ne perturbe ni le sommet ni le sommeil des «1%» rassemblés à Diamniadio. Les appels à la mobilisation lancés ici ou là ont eu du mal à faire écho au milieu du folklore et des débats de convenance. Les manifestations dont les programmes ont circulé ont eu des difficultés à se fixer, à mobiliser ou à se tenir. L’essentiel est que les contraintes d’aujourd’hui ne soient pas les limites de demain.

Le contre sommet de la XVe édition du Sommet de la Francophonie, dont le manifeste des initiateurs est publié en page 8, rejoint une démarche qui a été à l’origine de ce périodique.

Flamme d’Afrique est publiée par l’Institut Panos Afrique de l’Ouest, depuis 2004, pour accompagner le mouvement social africain dans l’expression de ses idées alternatives pour un monde de justice social et de dignité humaine, un monde où les peuples solidaires participent à l’écriture d’une histoire qui n’est pas celle de la domination et de l’exploitation.

Dakar 2015 pose une pierre pour dire qu’«Un autre monde est possible en Francophonie». Peut-être que d’autres ont eu à le dire ailleurs. Dans deux ans, au prochain sommet, ce Contre sommet de la Francophonie devra encore plus faire sens. Avec les solidarités positives Nord-Sud. Tidiane KASSÉ

Télécharger la version PDF du deuxième numéro de Flamme d’Afrique  Edition n°2 Flamme_d_Afrique_Francophonie_2014 

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Premier numéro de Flamme d'Afrique

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Parler français… et après ?

Parler une même langue, partager des identifiants culturels fait de la Francophonie une communauté. Dans un univers où on cherche des paramètres de convergence et d’intégration pour bâtir des ensembles forts et mieux signifier dans les courants de la mondialisation, ce que les 52 pays ayant en partage le français, à travers le monde, ont de commun, peut être une base féconde. Mais quel que puisse être l’utilité, l’importance ou la richesse d’une langue, son âme ne peut vivre et se perpétuer que dans son utilité.

Le rapport au français ne peut se limiter à aller l’essencerie, de passer ensuite à la dibiterie, avant d’aller siester.

Plus que des vocables à inventer et d’autres à sauver d’une extinction, plus qu’une grammaire à préserver des distorsions fautives ou une orthographe à sauver des facilités de langage et des faiblesses coupables, l’intérêt qu’on trouve dans la Francophonie se trouve au niveau des possibilités par lesquelles elle peut aider à réécrire l’histoire autrement.

Cette langue qui a été de colonisation et de domination peut-elle être porteuse d’une autre âme faite de solidarité effective, de linéarités économiques et de perspectives de développement qui feraient de la logique d’appartenance tissée autour du français une logique de co-développement permettant de bâtir et de consolider de nouveaux destins ? Le débat est vieux. Les précarités dans lesquels continuent d’être enfoncées les populations de la majorité des Etats membres de cette communauté, en Afrique notamment, l’entretiennent.

Une langue est importante quand, plus que pour se parler et se comprendre, elle sert à bâtir un espace apaisé qui fait que les différences s’acceptent et se fécondent, avec la conscience de partager un présent et un futur qui s’inventent de concert.

Le XVe sommet de la Francophonie, que Dakar accueille les 29 et 30 novembre prochains, a axé ses réflexions sur le thème «Femmes et jeunes en Francophonie : vecteurs de paix, acteurs de développement». On peut le juger pertinent au regard des défis et enjeux du moment.

Si les lecteurs potentiels de ces lignes, ayant donc la maîtrise du français, sont 220 millions à travers le monde, les populations qui cohabitent avec cette langue et la vivent comptent pour 900 millions d’habitants dans les 77 Etats et gouvernements membres, en Afrique, en Europe, en Amérique, dans les Caraïbes, en Asie et en Océanie. Il s’agit d’un potentiel important. Partout, dans cet espace, les jeunes et les femmes sont une réalité démographique qui pèse en termes d’interpellations vitales et d’urgences pressantes. Partout on a affaire à des majorités minorisées par les exclusions.

Il reste que durant ces dernières années qui ont vu les sociétés connaître des mutations et des ruptures dans leur évolution, femmes et jeunes sont devenus les moteurs d’une histoire qui s’écrit en accéléré. Quand ils interpellent les pouvoirs en place, leurs préoccupations recoupent l’impératif d’un mieux-être. Leur quête est celle d’une justice sociale qui réduit les inégalités et rompt avec les exclusions, gage de paix et de stabilité sociale.

Profitant de la tenue de ce XVe sommet de la Francophonie, l’Institut Panos Afrique de l’Ouest publie son journal événementiel Flamme d’Afrique. Dans six pays francophones d’Afrique que sont le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal, des journalistes ont été invités à jeter un regard sur l’«agenda» des femmes et des jeunes. D’un pays à l’autre, on mesure combien les priorités et les urgences se recoupent pour dire par où passe le «concret»  attendu de ce sommet, quand il est question de femmes et de jeunes, pour aller vers le développement. Tidiane KASSE

Ps : une seconde édition de Flamme d’Afrique paraîtra à l’occasion de ce sommet.

Télécharger la version PDF du premier numéro de Flamme d’Afrique  Edition n°1 Flamme_d_Afrique_Francophonie_2014

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